Choisir un système de chauffage ressemble à une longue liste d’options, et la majeure partie de cette liste ne vous est pas réellement ouverte. Votre maison, votre budget et la durée de votre séjour en éliminent l’essentiel avant même la première soumission. Ces cinq questions font ce tri rapidement, et ce sont celles que nos conseillers posent à la première visite.
1. Rénovez-vous ou construisez-vous? C’est la question qui conditionne toutes les autres. En rénovation, vous composez généralement avec ce que la maison possède déjà, et le geste sensé consiste à bâtir sur la distribution existante plutôt que de l’arracher. En construction neuve, le champ est véritablement ouvert, et les décisions prises sur plan coûtent une fraction de ce qu’elles coûtent une fois les murs fermés. Si vous construisez, réglez le chauffage avant la charpente.
2. Qu’est-ce qui chauffe la maison en ce moment, et comment la chaleur y circule-t-elle? La distribution compte plus qu’on ne le croit, et c’est la première chose que nos conseillers examinent. Une maison pourvue de conduits accueille sans détour une thermopompe centrale, puisque les conduits sont déjà là, et elle accueille tout aussi bien une fournaise, ou les deux. Une maison chauffée pièce par pièce n’a aucune distribution, ce qui oriente vers des appareils muraux ou vers l’ajout de conduits, et ajouter des conduits dans une maison finie constitue un projet en soi. Une maison dotée d’une fournaise fonctionnelle n’a que rarement à s’en départir : la jumeler à une thermopompe est généralement le meilleur geste. Savoir dans lequel de ces trois cas vous vous trouvez règle déjà les deux tiers de la question.
3. Quelle est la superficie de la maison, et son étanchéité? La superficie et l’isolation fixent ensemble la puissance nécessaire, et ce calcul en est un vrai. Au Canada, il suit la norme CSA F280-12, que tout entrepreneur sérieux utilise à la place d’une règle du pouce. Les deux écarts nuisent : un appareil sous-dimensionné ne rattrape jamais son retard en janvier, tandis qu’un appareil surdimensionné fonctionne par courts cycles, déshumidifie mal l’été et s’use prématurément. L’isolation et l’étanchéité viennent aussi en premier dans l’ordre des travaux, puisque les améliorer réduit souvent la taille de l’appareil à acheter.
4. Combien voulez-vous qu’il coûte à faire fonctionner, et non seulement à acheter? Ce sont deux questions distinctes et une seule figure sur la soumission. Une thermopompe fournit de deux à quatre unités de chaleur par unité d’électricité consommée, là où le chauffage par résistance ne peut jamais en donner qu’une, et cet écart se voit sur la facture tous les mois pendant quinze ans plutôt qu’une seule fois sur le devis. Une fournaise se situe encore ailleurs : son coût d’exploitation suit le prix du combustible plutôt que le rendement de l’appareil, ce qui explique qu’une fournaise au mazout et une fournaise au gaz de rendement identique coûtent des sommes très différentes à faire fonctionner. Notre comparaison des modes de chauffage les plus économiques y met des chiffres, et les appareils performants donnent aussi droit à des subventions gouvernementales.
5. Combien de temps comptez-vous rester? Un système qui se rembourse en douze ans est une bonne décision si vous restez vingt ans et une tout autre si vous vendez dans trois. C’est la question qui départage le plus souvent la géothermie d’une thermopompe à air pour une maison qui conviendrait aux deux. Mieux vaut y répondre franchement au départ que de le découvrir au milieu d’une soumission.
Alors, quelles sont vos options réelles? Pour une maison de la région de Montréal, la liste réaliste est courte. Une thermopompe à air, centrale si vous avez des conduits ou murale sinon : de deux à quatre unités de chaleur par unité d’électricité, et elle climatise en juillet. Une fournaise, électrique, au gaz naturel ou au mazout : ce qu’une fournaise fait et qu’une thermopompe ne fait pas, c’est livrer sa pleine puissance de chauffage par n’importe quelle température extérieure, ce qui en fait encore la colonne vertébrale d’une maison à conduits ici. La biénergie : une thermopompe pour l’essentiel de l’hiver et la fournaise pour les heures les plus froides, ce autour de quoi est bâti le tarif DT d’Hydro-Québec, avec une sonde de permutation qu’elle fournit et qui bascule le chauffage à −12 °C ou −15 °C selon votre région. Et la géothermie là où le terrain le permet. Si vous chauffez encore au mazout, remplacer cette fournaise est généralement le premier geste, quelle que soit la suite. Notre guide sur le choix d’une fournaise électrique traite cette option en détail.
Une précision sur ce qui est réellement plus vert ici. On lit encore que le chauffage électrique est l’option économique mais moins responsable. Cela décrit un réseau alimenté au charbon ou au gaz. Le réseau québécois est composé à environ 94 % d’hydroélectricité et à plus de 99 % de sources renouvelables : l’électricité est donc déjà ici le choix sobre en carbone, et la question environnementale devient la quantité consommée plutôt que le combustible brûlé. C’est précisément ce qu’améliore une thermopompe. Le bois demeure une option québécoise, mais c’est un appoint plutôt qu’un système de chauffage, et les règlements municipaux de Montréal et de plusieurs banlieues encadrent les appareils à combustible solide : vérifiez le vôtre avant d’y compter.
Répondez à ces cinq questions et la liste se réduit habituellement à deux options, pas dix. Parlez à un de nos conseillers : nous les examinerons avec votre maison réelle plutôt qu’avec une catégorie.


