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27 mai 20244 min de lecture

Une thermopompe centrale suffit-elle pour un hiver québécois?

L’unité extérieure d’une thermopompe centrale surélevée sur un support au-dessus d’un banc de neige, en fonction l’hiver

C’est la première chose qu’on demande au sujet d’une thermopompe centrale, et avec raison : si elle puise sa chaleur dans l’air extérieur, que se passe-t-il quand cet air est à −27 °C? La réponse est meilleure que celle qui circule encore, et le chiffre qu’on cite le plus souvent n’est pas ce que les gens croient.

D’où vient le fameux −12 °C. On lit partout qu’une thermopompe fonctionne jusqu’à −12 °C et qu’il lui faut de l’appoint en dessous. Ce chiffre est réel, mais il ne concerne pas l’appareil. C’est le seuil de permutation du tarif DT d’Hydro-Québec, le tarif biénergie, à partir duquel le compteur facture un prix beaucoup plus élevé et la maison doit basculer sur son chauffage d’appoint. C’est une structure tarifaire, pas un plafond de capacité. Le répéter comme une limite revient à dire aux gens que le produit abandonne en janvier, ce qui est faux.

Ce qui change réellement quand le froid s’installe. Il y a effectivement moins de chaleur dans l’air à −25 °C qu’à 0 °C : une thermopompe produit donc moins à mesure que la température baisse. Ce qui compte, c’est de combien, et à partir de quel moment elle ne suffit plus seule. Ce point de croisement porte un nom, le point d’équilibre, et il dépend de l’appareil et du bâtiment, pas d’un chiffre unique valable pour toute l’industrie. Un modèle conçu pour les climats froids et dimensionné pour le Québec livrera encore une large part de sa capacité nominale à −25 °C. Demandez ce chiffre précis à tout entrepreneur : c’est lui qui décide de votre hiver, et aucun indice saisonnier ne le montre. Notre guide sur les indices d’efficacité explique pourquoi.

Ce qui prend le relais lors des pires nuits. Sous le point d’équilibre, la thermopompe continue de fonctionner et quelque chose comble la différence. Dans la plupart des maisons québécoises, c’est une résistance électrique dans l’unité de traitement de l’air; dans une maison dotée d’une fournaise, c’est la fournaise, en alternance avec la thermopompe dans un montage biénergie qui correspond exactement à ce que vise le tarif DT. Dans les deux cas, il s’agit d’un fonctionnement normal et non d’une défaillance, et cela concerne quelques jours par année plutôt que toute la saison. La géothermie évite complètement la question en puisant dans un sol qui reste entre 8 et 10 °C quoi que fasse l’air.

Où en est le Québec là-dessus. L’électricité chauffe environ huit maisons sur dix ici, et depuis 2025 un ménage sur cinq se chauffe principalement à la thermopompe. Ce virage ne tient pas au marketing. Il tient au fait que le calcul n’a rien de serré : le chauffage électrique par résistance rend exactement une unité de chaleur pour une unité d’électricité et ne peut jamais faire mieux, tandis qu’une thermopompe en rend de deux à quatre pour la même unité en déplaçant la chaleur au lieu de la produire, ce qu’explique le fonctionnement d’une thermopompe.

Et c’est le même appareil en juillet. C’est la partie qu’on sous-estime. Une thermopompe centrale, c’est aussi votre climatisation : une seule unité extérieure, un seul réseau de conduits, un seul appareil à entretenir, et rien d’accroché au mur. Vous n’achetez pas un appareil de chauffage puis un appareil de climatisation. Vous achetez une seule machine qui fait les deux, et c’est pourquoi comparer son prix à celui d’une fournaise seule, ou d’un climatiseur seul, sous-estime ce que vous obtenez.

Ce qu’elle coûte à faire fonctionner, et ce que vous pouvez réclamer. L’économie dépend de ce que vous remplacez, de la capacité de la maison à retenir la chaleur et du réglage du système : c’est pourquoi notre comparaison des modes de chauffage la décortique plutôt que d’annoncer un chiffre unique. Les modèles performants donnent aussi droit à des subventions gouvernementales, et ce qui est offert en ce moment change d’une année à l’autre. Une fois l’appareil en place, quelques habitudes et deux visites d’entretien par année suffisent à en maintenir le rendement.

La version honnête, c’est qu’une thermopompe centrale traverse un hiver québécois, avec de l’appoint lors des nuits les plus froides, à condition d’être un modèle conçu pour les climats froids et d’être dimensionnée pour votre maison. Ces deux conditions se règlent avant l’installation, pas après. Notre guide d’achat traite de cet achat, et nos conseillers vous diront ce dont votre maison a réellement besoin.

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Thermopompe centrale : suffit-elle l’hiver? | Allard & Emond